L’INDUSTRIE DU TEXTILE FACE À UNE TRANSFORMATION RADICALE


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Alors que l’industrie du textile telle que nous la connaissons est en train de couler dû à toutes les pertes économiques liées à la crise sanitaire, elle fait face à une transformation radicale : il faut changer pour devenir une industrie écologique, transparente, et soucieuse des droits des travailleurs qui se mettent en danger tous les jours pour des t-shirts vendus 5€ en fast-fashion. 

UNE INDUSTRIE QUI COURT À SA PERTE

Il est toujours bon de rappeler que l’industrie du textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde après le pétrole. Vous le savez déjà, la fast fashion est un phénomène majeur de la dégradation de notre écosystème.
 
En quelques lignes, pour les personnes qui ne le sauraient toujours pas, la fast-fashion, c’est une surproduction de produits de mauvaise qualité dans des conditions inhumaines. La main d’oeuvre se trouve généralement dans des pays d’Asie ou d’Afrique, à un coût réduit, autant pour la marque que pour le consommateur. Donc non seulement la marque va continuer sa production énorme, mais elle va aussi accélérer et multiplier les collections. Rappelez-vous qu’il y a un nouveau réassort de vêtements chaque semaine chez Zara. 

Attention, on ne vous jette pas la pierre. Avec une production souvent délocalisée, les dérives de la Fast Fashion ne sont pas visibles directement par le consommateur. Il est donc difficile de réaliser que la bonne affaire du T-Shirt à 5 euros est finalement un investissement en faveur de l’esclavage moderne. C’est pour cela que la transparence est nécessaire aujourd’hui. Demandez-vous comment a été réalisé un t-shirt avant de l’acheter.

Tout allait bien pour l’industrie du textile jusqu’à la crise sanitaire. Puisque les gens ne sortaient plus, ils n’achetaient plus de vêtements, et de nombreuses marques de fast fashion ont perdu énormément d’argent (on pense à Primark qui tentait tant bien que mal de revendre ses invendus alors qu’il y avait encore des stocks en attente…). Le gouffre s’est d’autant plus creusé lorsque les consommateurs et consommatrices ont commencé à remettre en question leurs habitudes,   par nécessité par rapport à des problèmes financiers causés par la crise ou parce qu’ils ont décidé de ne plus subir le consumérisme de la société. 

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LES NOUVEAUX ACTEURS

La question n’est pas si l’on peut sauver l’industrie du textile de la chute puisque c’est un ancien modèle qui ne fonctionne plus, mais comment la remplacer ? A moins que les plus grandes entreprises acceptent de changer leur façon de faire, on ne peut plus rien faire pour elles. On laisse donc place à des nouveaux acteurs qui révolutionnent le monde du textile. 

On compte parmi ces nouveaux acteurs plusieurs associations comme la Fashion RevolutionClean Clothes ou même Greenpeace qui engagent de nombreuses actions pour dénoncer mais aussi pour expliquer, guider et faciliter le passage à l’action vers une mode plus éco-responsable.

Des labels peuvent également nous renseigner et nous assurer de la fiabilité d’entreprises éthiques. Il existe des plateformes internet tels que DreamActZei, SloWeAre etc… qui référencent les marques éthiques selon différents critères avec une charte bien spécifique. 

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Et du côté des fournisseurs de textile ? Plusieurs choix sont proposés : créer des nouvelles matières grâce à des fibres végétales recyclables, ou privilégier des matières nobles et l’artisanat, un retour aux sources nécessaire. 

On pense notamment à un tout nouvel acteur du milieu du textile : Obaa. Fondé tout juste en 2020, Obaa est un fournisseur de tissus africains éco-responsables. Signifiant «femme» en twi, un dialecte Ghanéen, Obaa souhaite rendre hommage à la femme, à sa beauté, à sa force de travail et à son sens de la tradition.

Obaa est un concept qui propose à des particuliers et créateurs des tissus artisanaux éthiques provenant d’Afrique Subsaharienne. Pour promouvoir d’autant plus l’artisanat, Obaa propose également de fournir le service de couturiers à celles et ceux qui le voudraient pour confectionner leurs pièces.

On peut donc espérer pour l’industrie du textile une transformation radicale qui ne pourra que lui – et nous – faire du bien. 

Écrit par Elena Gaudé.